Kézako From Hell? From Hell, c'est ainsi que Jack l'éventreur a signé sa lettre à al police anglaise. De l'enfer...
Mais qui était Jack l'éventreur? Le mystère est, encore aujourd'hui, entier et fascinant. Car nous avons là des évènements qui ont marqué la fin du 19ème siècle et la décadente ère victorienne.
Alan Moore donne une réponse. Sa réponse. Sa vision des choses. Il faut bien prendre cela comme ça. L'épais ouvrage contient de nombreuses pages de notes expliquant quels faits sont réels, lesquels sont purement imaginaires et lesquels sont supposés à partir d'autres évènements.
Moore tisse une toile mêlant folie, ésotérisme et personnnages de l'époque à ces histoires atroces. On y verra ainsi Oscar Wilde ou le jeune Aleister Crowley.
Les sources de Moore sont diverses et évoquées à la fin du recueil dans une petite BD patlant de la chasse aux mouettes. Il y a décrit la fascination que ces meurtres ont exercés sur les gens jusqu'à aujourd'hui, les théories diverses plus ou moins farfelues, le tout avec beaucoup d'humour.
Le trait d'Eddie Campbell, sombre, torturé, sied parfaitement à cette histoire. Les scènes les plus violentes semblent brouillées et laisse place à l'imagination du lecteur.
Imagination qui est très sollicitée au cours de la lecture. La fin, notamment est vraiment énigmatique. Sans les notes, on ne comprendrait sûrement pas la moitié des références. Quant à l'enigmatique page 495, à vous de voir. Chacun doit se faire son idée sur ce point d'interrogation laissé par Moore.
On ne ressort pas indemne de la lecture. Tout est si dense, les personnages ne sont ni noirs ni blancs et tous bien développés. On suit de si près l'éventreur qu'on commence à al comprendre, on découvre son point de vue. On subit les critiques qu'il nous adresse. On ressent même une certaine empathie pour lui.
C'est peut être ça, le plus dérangeant avec cette oeuvre.

