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Le lycra, c'est bien.

Le lycra, c'est bien.
Bon, vu que le sujet a fait polémique suite à certains de mes articles, parlons donc super-héros. Parlons du genre, de ce qu'il permet, de ses limites, des critiques qu'on peut lui opposer et de la couleur des collants.

Bon, d'abord, un peu d'histoire : Le premier super-héros est Superman, créé en 1938 dans la revue Action Comics, chez DC.
Il eut petit à petit des petits copains du genre Wonder woman, Batman, Flash, Green Lantern...
Très vite, lorsque le boom des superhéros eut lieu, tout le monde voulait avoir le sien. C'était les 40's et la première moitié des 50's, le golden age des superhéros.
Les titres se vendaient extrêmement bien et proliféraient.
Cette popularité est dûe en partie à la seconde guerre mondiale car les superhéros étaient souvent mis en scène sur le front. Cela pouvait atteindre le comble du ridicule. Ainsi, en 1943, on pu voir Superman enlever Hitler et Staline afin de les emmener à Genève pour qu'ils soient jugés et ainsi arrêter la guerre.
Non, ce n'est pas une blague.

Puis, dans les 50's, la mode changea, les comics d'horreur prirent le dessus.
Les superhéros revinrent dans les 60's pour le silver age. Les anciens avaient subi un relooking et étaient entourés de petits jeunes.
Les 80's virent une augmentation significative des titres disponibles jusq'au 90's où des sommets fûrent atteints.
De nouveaux studios virent le jour, espérant concurrencer les 'big two' Marvel et DC. On lançait une série à partir de rien.
Puis le crash. Les titres ne se vendaient plus, le marché était inondé.
Après un élagage sévère, les deux grandes firmes eurent du mal à se relever. Aujourd'hui, ça va un peu mieux, mais les cicatrices sont encore là, à peine résorbées pas les films de super-héros..


Voilà, maintenant, entrons dans le vif du sujet.
Qu'est ce qu'un superhéros? Qu'est ce qu'il représente? Pourquoi cet engouement autour de lui?
Et bien, le héros est une figure classique que ce soit dans la littérature, au cinéma ou dans les contes.On peut aller du héros simple à l'anti-héros en passant au héros torturé...
En fait, il y a une énorme possibilité de variations.
Le superhéros, c'est la même chose, mais avec des pouvoirs et des collants criards.
Tout simplement.
On peut avoir le superhéros sans peur et sans reproche (le monolithique Superman), le héros sombre (Batman), le héros TRES sombre (Spawn), le héros farceur et assez prohe du lecteur (Spider-Man), le héros pyschopathe (Rorschach), le héros humoristique (Plastic -Man) etc...
Au final, faire du superhéroïque, c'est avant tout choisir une forme. On verra pour le fond après. C'est suivre (ou non) des grandes lignes et une certaine mythologie.
Si vous voulez commencer un roman d'héroïc-fantasy, vous allez sûrement mettre des elfes et des nains qui se détestent. Ou vous allez justement aller à contre-courant.
Pareil pour le superhéroïque. Vous allez mettre un personnage doté de grands pouvoirs luttant contre le mal. Ou, pour changer, contre lui-même (Sentry, Wolverine) ou autre variation.

Alors, première objection : un mec qui s'habille comme ça, c'est pas réaliste et ridicule.
Déjà, pour l'aspect réaliste, on conviendra qu'on bat les couilles. Si c'est pour pleurer sur une histoire de collants alors que le héros vole, soulève des immeubles ou arrive à supporter un concert de Lara Fabian (totalement irréaliste), c'est secondaire, non?
Ensuite, il faut bien voir que la BD est un support visuel. Il faut marquer très clairement l'esprit du lecteur, par l'intermédiaire de l'oeil. Donc, on lui permet de différencier les personnages avec des costumes parfaitement identifiables. Et ça marche.
De plus, je vous rappelle que Spirou a porté des siècles son costume de Groom sans qu'on ne dise rien. Et je ne parle pas d'Asterix et d'Obelix. Ni des armures de Saint Seiya qui font très costumes, le lycra en moins.

Autre objection : 'Les super-héros, c'est pour les mômes'. Oui. Et alors?
Le fait que le public ciblé soit jeune n'enlève rien à la qualité d'une oeuvre, non? Evidemment, il y a pas mal d'idiots qui râlent à cause de ça. Ils veulent des oeuvres 'adultes' et sont aux anges devant un Spawn où l'on voit de la tripe à chaque page. Beaucoup de lecteurs confondent glaude et maturité. Au final, peu d'auteurs arrivent à faire des comics vraiment matures. Alors le mieux, c'est qu'ils restent plus ou moins enfantins pour qu'on garde la qualité, non?

Dernier point important : les comics qui n'en finissent jamais. C'est vrai que le premier numéro d'Action Comics est sorti en 1938. Et que la série a dépassé les 800 épisodes.
Maintenant, il faut regarder tout cela de plus près. D'une part, tous les titres ne sont pas aussi longs. Pour ouvrir leur public, de nombreux éditeurs misent sur des mini-séries courtes. De plus, il faut voir que chaque auteur travaille sur des 'runs' avec un début et une fin. Par exemple, Grant Morrison est resté 3 ans sur le titre X-Men. Son run n'avait rien à voir avec ce qu'il y avait juste avant et les runs suivants n'ont repris que peu d'éléments de son run.
Résultat : pour apprecier du bon X-Men, on peut prendre le run de Grant Morrison à part. De plus, il ne nécessite pas une énorme connaisssance de l'univers X-Men. Et je peux aussi citer le run de Mark Millar sur Wolverine, celui du même Millar sur Spider-Man, celui de Mark Waid sur Fantastic Four...
C'est ainsi que les choses se passent en ce moment. Et au final, ce dernier défaut disparait petit à petit. Il devient de plus en simple de lire du comics de super-héros mainstream -ou non- sans se perdre devant la multiplicité des titres.

Mais pour certains, tout cela ne sera pas suffisant. Les super-héros ont toujours eu mauvaise presse. Sartre les fustigeait et les accusait d'être de la propagande captialiste. D'ailleurs au même moment, les comics étaient attaqués aux USA car on les accusait d'être... de la propagande soviétique!
On parle de scénarios simplistes ne se renouvellant pas, de graphisme inintéressant et je ne sais quoi d'autre. Au final, cette campagne de dénigration me fait penser à celle qu'ont subi les mangas.

Le fait est que le super-héros n'est qu'un genre. Qu'un archétype. Assez visible, soit, mais rien de plus. On ne peut pas généraliser sur le super-héroïque, chaque auteur a sa vision des choses et sa façon de faire. C'est bête de rabacher ça, mais pour beaucoup, cette idée ne passe pas. Je refais le parallèle avec les mangas. Là aussi, il a fallu du temps avant que leurs détracteurs ne se rendent compte de leur erreur. Peut être le temps qu'ils essayent enfin d'en lire...

# Gepost op maandag 18 december 2006, 03u14

Gewijzigd op woensdag 20 december 2006, 04u24

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